Lire un diagramme en barres groupées
Énoncé
Le diagramme représente, pour les femmes et pour les hommes en emploi en 2023, la répartition entre cinq catégories socioprofessionnelles. Les valeurs sont données dans le tableau.
| Catégorie | Femmes | Hommes |
|---|:---:|:---:|
| Indépendants (1) | 5,4 % | 10,9 % |
| Cadres | 19,7 % | 25,1 % |
| Professions intermédiaires | 27,7 % | 22,7 % |
| Employés | 38,8 % | 12,1 % |
| Ouvriers | 8,1 % | 28,7 % |
| Non renseigné | 0,4 % | 0,5 % |
(1) Agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d'entreprise. Source : Insee, enquête Emploi 2023, personnes en emploi, France hors Mayotte.
*Sans calculatrice.*
a) Que vaut la somme des pourcentages d'une même colonne ? Pourquoi ?
b) Quelle est la catégorie la plus fréquente chez les femmes ? chez les hommes ?
c) Pour la catégorie « Ouvriers », calculer l'écart entre les hommes et les femmes. Dans quelle unité s'exprime-t-il ?
d) Un élève lit le diagramme et affirme : « 38,8 % des employés sont des femmes. » A-t-il raison ?
e) Pourquoi a-t-on représenté des pourcentages plutôt que des effectifs ?
Indice : Chaque colonne est la répartition d'UN groupe entre les catégories : ce sont des fréquences « parmi les femmes » ou « parmi les hommes ».
Correction
- Étape 1 : Avant de lire les barres, il faut savoir ce qu'elles représentent. Chaque colonne du tableau est la répartition d'un groupe entre les catégories : des fréquences conditionnelles « parmi les femmes » et « parmi les hommes ».
Profil d'un groupe :
Les fréquences conditionnelles d'un même groupe ont pour somme 100 % : chaque individu du groupe est dans une catégorie, et une seule.
- Étape 2 : a) Chez les femmes, 5,4 + 19,7 + 27,7 + 38,8 + 8,1 + 0,4 = 100,1 ; chez les hommes, 10,9 + 25,1 + 22,7 + 12,1 + 28,7 + 0,5 = 100.
La somme vaut 100 % (aux arrondis près : chaque pourcentage est arrondi au dixième, d'où le 100,1), car chaque personne en emploi appartient à exactement une ligne, « non renseigné » compris.
- Étape 3 : b) Chez les femmes, la plus haute barre est celle des employées (38,8 %) ; chez les hommes, celle des ouvriers (28,7 %).
- Étape 4 : c) L'écart vaut 28,7 - 8,1 = 20,6. On soustrait deux pourcentages : l'écart s'exprime en points de pourcentage. Les hommes en emploi sont ouvriers dans une proportion supérieure de 20,6 points à celle des femmes.
28,7 - 8,1 = 20,6 points
- Étape 5 : d) Non. 38,8 % est la part des employées parmi les femmes en emploi. « La part des femmes parmi les employés » est une autre fréquence conditionnelle : elle se calcule sur le total des employés, que ce tableau ne donne pas.
Pour fixer les idées : les femmes représentent environ la moitié des personnes en emploi. Sur 1 000 personnes, environ 490 femmes dont 190 employées, et 510 hommes dont 62 employés : la part des femmes parmi les employés est voisine de 190/252, soit environ trois sur quatre, et non 38,8 %.
- Étape 6 : e) Les deux groupes n'ont pas la même taille. Comparer des effectifs mélangerait deux effets : la taille du groupe et sa répartition. Les pourcentages (les profils) ramènent chaque groupe à 100, ce qui permet de comparer les répartitions elles-mêmes.
- Étape 7 : Lire le diagramme dans le mauvais sens :
« 38,8 % des employés sont des femmes » inverse le groupe de référence : le vrai chiffre est d'environ 75 %, deux fois plus. Un diagramme de profils se lit toujours « parmi les femmes… » ou « parmi les hommes… », jamais « parmi les employés… ».
Points ou pour cent ? :
La différence de deux pourcentages s'exprime en points. Dire « les hommes sont 20,6 % plus souvent ouvriers » serait faux : c'est 20,6 points, et en proportion les hommes le sont plus de trois fois plus souvent (28,7 contre 8,1).